Stérilisation, IVG, pourquoi? Comment?
I. La situation actuelle
Devant le nombre toujours trop grand de chats abandonnés, la limitation des naissances est indispensable.
A la rue ou dans la nature, les chats souffrent de faim, de stress, de maltraitance, de gestations à répétition pour les chattes, de bagarres aux conséquences désastreuses pour les mâles et de maladies entre autres transmises lors des combats ou des saillies.
Il ne faut pas croire que leur relative « indépendance », adjectif souvent attribué à la gente féline, leur permet de subvenir seuls à leur besoin dans un milieu pour lequel ils ne sont plus si bien adaptés. Le chat de compagnie n’est pas un animal sauvage, il a été domestiqué voilà des milliers d’années, sélectionné non plus par les conditions naturelles mais par la main de l’homme pour en faire cet animal de compagnie. Par exemple, les chattes ont désormais parfois besoin d’être assistées pour les mises bas car elles n’ont pas été sélectionnées pour éviter les complications lors des naissances mais pour leur caractère ou leur couleur…et les souffrances ou les agonies d’une chatte quand il y a des complications n’ont plus rien de « normal » ni d’acceptable. L’argument facile qui consiste à dire « c’est la nature » quand on laisse sa chatte avoir des petits, quand on laisse son chat courir les femelles ou qu’on laisse les chats errants souffrir seuls de maladies ou de famines n’a aucune raison d’être avancé ici. Tout simplement parce que nous ne sommes plus dans des conditions « naturelles » dans ce cas.
Il s’agit d’animaux domestiques dont nous sommes désormais responsables du fait de la sélection que nous avons imposée à cette espèce pour vivre avec nous et non plus dans la nature. La domestication les a rendu dépendants, nous les avons rendus dépendants et nous ne pouvons accepter de laisser ces compagnons confrontés à un milieu qui leur est hostile. Nous ne les avons pas sélectionnés pour vivre seuls dans la nature mais bien plus pour correspondre à nos critères d’esthétisme et pour s’attacher à nous et cela est bien souvent lié à un éloignement progressif de leur faculté à se débrouiller désormais sans nous. Un animal domestique de compagnie n’est pas un bien de consommation que l’on prend pour le rejeter ensuite, que l’on reproduit pour avoir le plaisir de s’amuser avec les chatons pour les abandonner ensuite parce qu’on ne peut pas tous les garder. Vivre à l’état sauvage est tout à fait naturel pour un animal sauvage, pas pour un animal domestique.
Laisser son chat vagabonder sans être stérilisé entretien les problèmes cités ci-dessus dans le sens où cela ne va faire qu’accroître le nombre de chats errants livrés à eux-mêmes. Les refuges aussi sont pleins à craquer de chats abandonnés. Même si là tout est fait pour les soigner et leur trouver de nouveaux foyers, vivre en cage en attendant un maître est insupportable pour des animaux qui ont besoin d’espace et d’affection. Les personnes qui travaillent dans ces refuges se passeraient bien d’avoir à assumer les irresponsabilités ou l’ignorance d’humains face aux animaux de compagnie et en reproduisant ces animaux on ne leur rend pas service à eux non plus.
Même si vous assumez la portée de votre chatte, que vous placez sérieusement les chatons, vous n’arrangez pas la situation catastrophique dont il est question. Car tous les adoptants qui vont vous prendre un chaton sont autant d’adoptants qui auraient pu adopter un chat en refuge et améliorer son existence.
Il est bien normal de craquer sur un chaton de votre voisine mais si vous l’adoptez, pensez aussi à ceux qui sont derrière des barreaux ou sur un trottoir à errer, faméliques et peut-être malades. Si vous prenez ce chaton, pourquoi ne pas lui prendre un compagnon de refuge par exemple ? Avec de la patience il est tout à fait possible de les faire cohabiter pour leur plus grand bonheur et pour le vôtre. Imaginez-les jouer ensemble et se tenir compagnie pendant vos absences !
II solution: la stérilisation
a) pourquoi?
Concernant la stérilisation, beaucoup considèrent cela comme un acte barbare, une atteinte à l’intégrité physique de l’animal, une mutilation, une frustration pour l’animal qui ne pourra plus copuler. Ces considérations ne sont pas condamnables au premier abord et peuvent sembler logiques dans notre façon de considérer les choses en nous prenant (c’est souvent un réflexe !) comme « référentiel » . Seulement il faut bien prendre conscience que l’animal n’a pas ces considérations face à la perte de ses ovaires ou de ses testicules…se serait bien faire preuve d’anthropomorphisme d’imaginer que le chat à besoin d’une vie sexuelle active pour s’épanouir…Vous ne porterez pas atteinte à votre virilité ou votre féminité parce que votre chat est stérilisé ! Chasser ces considérations subjectives et regarder en face les conséquences d’une telle argumentation sur la misère féline est plus que nécessaire. Prenez conscience qu’il vaut mieux une chatte stérilisée, qui ne risque pas de danger lors des saillies (causes premières des transmissions de maladies), des gestations et des mises bas qui ne sont pas anodines pour sa santé, qu’une chatte qui fait des portées à ses risques et péril, qui revient malade et blessée et qui augmente la surpopulation féline. Pensez au devenir des chatons qui vont naître. Dîtes vous bien aussi qu’il vaut mieux un chat castré, qui ne va pas fuguer, parfois des semaines ou des mois pour courir les femelles, et revenir souvent lacéré de coups de griffes (à cause des bagarres entre mâles) et potentiellement porteur d’une MST et bien sûr en entretenant la surpopulation féline.
Les pulsions « sexuelles » chez le chat sont objectivement sources de souffrances. Il est aussi bien plus frustrant pour un animal d’être enfermé lors de ses chaleurs ou de ses périodes de rutes que d’être stérilisées pour les femelles ou castrés pour les mâles et rester ainsi tranquille sans subir les conséquences de leurs variations hormonales.
Il faut donc bien avoir à l’esprit qu’en plus d’éviter d’aggraver le problème de la surpopulation féline, la stérilisation et la castration protègent votre compagnon des MST, des bagarres et des blessures, des sources de stress qui leur sont liées, des risques d’accidents liés aux déplacements sur des routes (etc…) pour trouver les partenaires sexuels et aussi des risques de tumeurs provoquées par les variations hormonales chez les chattes.
La stérilisation et la castration protègent votre compagnon, évitent la dissémination de maladies et donnent une chance d’enrayer la surpopulation féline.
Si vous n’êtes pas convaincu, travaillez un mois en refuge…et réévaluez vos considérations !
Votre vétérinaire vous informera aussi des bienfaits de la stérilisation et des conditions opératoires qui sont sans risques et sans douleurs pour l’animal. Votre chat ne vous en « voudra » pas, rassurez-vous et vous serez ravi de le retrouver après son opération, ronronnant sur vos genoux.
b) comment?
Chez la chatte, la stérilisation peut consister en une ovariectomie (on retire seulement les ovaires). La cicatrice fera environ 1 cm ! Elle coûte dans les 90E. Si vous avez une carte étudiant ou de demandeur d’emploi, un dispensaire peut stériliser votre animal pour une somme bien moindre en offrant les même garanties de sécurité pour votre animal. Et pensez à ce que vous économiserez, du coup, en soins si votre animal est stérilisé !
S’il s’avère que la chatte était déjà gestante au moment de la stérilisation, le ou la vétérinaire pratiquera une hystérectomie en plus. C’est-à-dire qu’il ou elle retirera également l’utérus. Les fœtus seront éliminés par la même occasion et vous éviterez la naissance de chatons.
Les fœtus ne sont pas viables, vous ne commettrez pas d’acte barbare en faisant pratiquer cette opération. Au contraire, vous éviterez à de futurs chatons d’avoir une vie malheureuse s’ils n’avaient pas eu d’adoptants sérieux et vous donnerez une chance à des chats abandonnés de trouver des adoptants que vous auriez monopolisés avec les chatons de votre chatte.
Aussi, si vous constatez que votre chatte est gestante (parce que vous ne l’auriez pas faite stériliser à temps), c’est le moment de prendre rendez-vous pour faire faire l’opération !
Cette opération s’élève à environ 130E. Et vous pouvez toujours aller au dispensaire si vous remplissez les conditions.
Concernant les mâles, la castration est rapide car peu invasive (les testicules sont situés à l’extérieur), il vous en coûtera environ 45E. Pareil, pensez au dispensaire si besoin !
Ces opérations s’envisagent dès l’âge de 5 mois. Plus vous attendez, plus vous prenez de risques concernant l’arrivée d’une saillie. Il faut savoir aussi que cela permettra une cohabitation harmonieuse entre vos différents chats et qui si vous faites pratiquer la stérilisation tôt, des conflits de territoire et des rejets entre vos chats n’auront pas le temps de s’instaurer. Vous leur donnerez, au contraire, plus de chances de continuer à jouer ensemble comme quand ils étaient chatons.
Concernant la prise de poids, il ne faut pas dramatiser. Si vous l’envisagez dès leur retour d’opération vous n’aurez pas de mauvaise surprise. Votre vétérinaire vous conseillera. Il existe des aliments adaptés pour les chats stérilisés et contrôler la quantité de croquettes journalière est souvent bien suffisant pour éviter l’embonpoint !